La prolifération des groupes armés dans le territoire de Mambasa, en Ituri, suscite des inquiétudes croissantes parmi la population locale. Plus particulièrement, les communautés des chefferies de Babila Bakwanza et Bakombi se trouvent dans une situation précaire, victime des exactions perpétrées par ces groupes. La Convention pour le Respect des Droits de l’Homme (CRDH) à Mambasa a récemment exprimé ses préoccupations sur cette situation.
Rams Malikidogo, coordonnateur de la CRDH, a souligné que de nombreux groupes armés fuient le Nord-Kivu, échappant aux menaces du M23 et des ADF-NALU, qui continuent de semer la terreur. Ces groupes se réinstallent dans des zones comme Babila Bakwanza et Bakombi, où ils sont responsables de multiples violations des droits humains.
« Ils fuient au lieu de combattre et viennent s’installer dans le Babila Bakwanza et Bakombi, et sont à la base de plusieurs cas de violations des droits humains dans cette partie de l’Ituri. C’est anormal, » a déclaré Malikidogo.
La CRDH a rapporté plusieurs incidents récents :
- 5 janvier 2026 : Une équipe des WAZALENDO a arrêté arbitrairement deux personnes à Mamulembos, les torturant cruellement avant qu’une des victimes ne perde la vie. Aucune enquête n’a été diligentée à ce jour.
- 15 janvier 2026 : Un père de famille, identifié comme Dona, a été enlevé dans son champ par les WAZALENDO de Kibenete, à l’est de Biakato.
- 18 janvier 2026 : À Elota, un conflit entre deux groupes WAZALENDO a entraîné le pillage de biens matériels et d’importantes quantités d’or.
Ces incidents illustrent la montée des violences et des abus commis par ces groupes armés.
Selon les données de la CRDH, treize groupes armés sont actuellement actifs dans le territoire de Mambasa. Parmi eux, quatre se trouvent dans le groupement de Bakahemu, quatre dans le groupement de Bangole, et deux dans la chefferie de Babila Bakwanza.
Ces groupes exploitent illégalement des ressources telles que l’or, le coltan et le bois, tout en perpétrant des actes de violence contre la population civile.
Face à cette situation désastreuse, la CRDH appelle les autorités à agir. Elle exige la traque des groupes armés qui perturbent la sécurité à Mambasa, en insistant sur le droit de la population à vivre en paix. Les abus doivent cesser, et des mesures urgentes doivent être mises en place pour protéger les citoyens vulnérables.
Les habitants de Mambasa, déjà éprouvés par des années de violence et d’insécurité, attendent une réponse efficace des autorités. Leur cri de détresse met en lumière la nécessité d’un engagement solide de la part de la communauté nationale et internationale pour rétablir la paix et le respect des droits humains.
GRACIANO NGUOMOJA

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