Le calme est enfin revenu ce dimanche matin dans la ville de Butembo, située dans la province du Nord-Kivu, après une matinée marquée par des violences armées notables dans la partie nord-est de la ville. Dès 4h30, des coups de feu ont résonné au quartier Mukalangirwa, dans la commune de Vulamba, près de la montagne Munzambaye.
Ces incidents violents sont attribués à des conflits internes entre deux factions rivales des groupes Mai-Mai Wazalendo, se disputant des questions de leadership et d’alignement stratégique. D’après des sources concordantes, les combats opposent le groupe RNL, dirigé par Baraka Lolwako, affilié à la Synergie des Wazalendo (VDP) du front Grand Nord-Kivu, à une faction loyale au général autoproclamé Tango Fort.
Tango Fort est accusé par la Synergie des Wazalendo de graves exactions, y compris des assassinats, des actes de torture, et d’une tentative de s’imposer en tant qu’autorité judiciaire à la place des instances légales. Les violences ont été précédées par des combats dans le territoire de Beni, plus précisément dans la chefferie des Bashu, au village de Misugho. Ce village, considéré comme le quartier général de Tango Fort, a été incendié à la suite de violents affrontements.
La société civile rapporte que d’autres camps, tels que ceux de Kitovo (le 1er janvier) et Rwamiso, ont également été attaqués et réduits en cendres. Le bilan humain de ces affrontements reste incertain. La Synergie des Wazalendo s’est engagée à forcer les membres de Tango Fort à déposer les armes, appelant à la réintégration dans un cadre légal en collaboration avec l’État congolais.
À Butembo, les autorités locales se veulent rassurantes. Le maire policier de la ville, le commissaire supérieur principal Roger Mowa Baekitely, a assuré que la situation est sous contrôle et a appelé les habitants à garder leur calme. Il a également souligné que le comité urbain de sécurité suit de près l’évolution des événements.
Par ailleurs, des vidéos circulant largement sur les réseaux sociaux montrent ce qui semble être la libération d’individus, dont un enfant, retenus dans un lieu de détention clandestin associé à Tango Fort. Les autorités n’ont pas encore réagi officiellement à ces images préoccupantes.
Alors que la situation semble temporairement stabilisée, la vigilance reste de mise dans cette région, où les tensions entre factions armées continuent de poser des défis sécuritaires majeurs. Les autorités continuent de surveiller la situation de près, mais les répercussions des affrontements persistent, menaçant la paix fragile de Butembo et ses environs.
Rédaction

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